A Lille, une ancienne usine transformée en lycée

A Lille, une ancienne usine transformée en lycée

 

 

 

 

 

En septembre 2016, un lycée hôtelier flambant neuf ouvrira ses portes, à Lille, sur une ancienne friche industrielle du quartier de Fives, en cours de métamorphose. Mineral Service a été sollicitée pour rénover l’immense dalle en béton qui couvre le sol de la future école.

 

Ancien fleuron de l’industrie du Nord, l’usine Fives-Cail-Babcock (FCB) est au cœur d’un programme de réhabilitation qui est inscrit dans une politique de développement durable et qui a été lancé, voici cinq ans, par la métropole lilloise. Quelque 17 hectares parsemés de halles monumentales sont notamment voués à accueillir plusieurs centaines de nouveaux logements, des installations sportives et divers espaces publics ; la Bourse du travail y est déjà installée, tandis que le lycée hôtelier international de Lille doit y accueillir sa première promotion d’élèves à la rentrée prochaine. La conception de celui-ci a été confiée, en 2011, au cabinet d’architectes britannique Caruso St. John, qui a choisi de s’appuyer sur l’architecture existante pour en conserver les qualités spatiales. « Nous partageons cette ambition d’incarner l’importance historique du site FCB et de prendre en compte la qualité et l’ambiance offertes par sa magnifique texture historique, précise l’équipe dans le texte qui détaille son projet. Nous avons donc choisi de conserver les structures existantes dans leur intégralité et de jouer sur la lumière lors de leur restauration afin de mettre en valeur tant leur monumentale échelle que leur histoire. »

Le bâtiment d’origine est une immense halle, surmontée d’une verrière et posée sur un sol en béton constitué de deux couches d’environ 15 cm d’épaisseur et recouvert d’une résine. Une dalle au-dessus de laquelle des ponts étaient autrefois installés pour pouvoir soulever et déplacer des charges lourdes. Les architectes ont décidé de travailler à même cette dalle de 3 000 m: l’idée première s’appuie sur un calepinage alternant différents motifs et une pigmentation – et c’est dans ce cadre que Mineral Service est intervenue au départ. « Cela fait déjà trois ou quatre ans que nous sommes sur ce projet, précise Marjorie Debonnaire, responsable du bureau d’études de l’entreprise. Nous avons réalisé une planche d’essai de 35 m2, divisée en rectangles travaillés grâce à des sciages et à des rainurages, afin de venir graver la dalle selon le calepinage. Il n’y a eu aucun rajout de béton, simplement une action mécanique de squamage, sablage, ponçage et rainurage pour dessiner des motifs en bandes, complétée par une opération manuelle de pigmentation. » Le projet va finalement achopper du fait du fait de la concertation entre différents maîtres d’ouvrage. Mineral Service est à présent mandatée pour traiter la dalle de façon à enlever la résine de surface – squamée à l’aide de machines équipées de diamants –, puis à appliquer un vernis de protection. Les travaux, qui ont débuté fin juin, devraient durer un mois. Une fois rénové, le parvis sera essentiellement piéton ; mais il supportera largement la circulation de véhicules d’entretien et de livraison, notamment.

« Il sera toujours temps de changer d’avis plus tard et de réaliser le plan de départ – mais pour le moment, c’est en suspens », reprend Marjorie Debonnaire. Réalisée in situ, la planche d’essai ne pourra pas être conservée, mais les photos témoignent des possibilités offertes ! « Cela peut être appliqué à des projets intérieurs comme extérieurs, note la responsable du bureau d’études. Et ce qui est très intéressant, c’est que l’on peut – à partir d’une dalle uniforme, dont l’usage n’a rien d’esthétique – obtenir quelque chose de très dessiné, proche du béton décoratif, finalement. »

À l’heure où le développement durable engage de plus en plus les maîtres d’œuvre à non plus démolir, mais réutiliser l’existant, gageons que le projet lillois saura trouver d’autres déclinaisons !