A Caudebec-en-Caux et à Amiens

A Caudebec-en-Caux et à Amiens

Les prouesses de la « Rainette » !

 

 

 

 

La ville de Caudebec-en-Caux (en Seine-Maritime) a entrepris, depuis 2006, de rénover progressivement ses bords de Seine. C’est dans la continuité de ce projet – et plus particulièrement dans le cadre de l’aménagement du jardin de l’hôtel de ville – que Mineral Service est intervenue aux mois d’avril et de mai derniers. Ce chantier a été, pour ses équipes, l’occasion de tester avec succès une machine mise au point avec leur aide, qui permet de gérer en temps réel les rejets polluants inhérents au traitement du béton désactivé.

 

Caudebec-en-Caux est une petite ville située sur la rive droite du fleuve, entre Le Havre et Rouen, qui a rejoint, au 1er janvier 2016, la commune nouvelle de Rives-en-Seine aux côtés de Villequier et de Saint-Wandrille-Rançon. Depuis une dizaine d’années, la cité a entrepris une série de travaux destinés à favoriser son développement économique et à renforcer son attrait touristique. Les quais ont notamment été remis à neuf et transformés en agréable promenade, tandis qu’il y a quelques semaines était inauguré MuséoSeine, un musée dédié à l’histoire de la Seine, de ses hommes et de ses paysages, de l’Antiquité à nos jours.

Dernière action en date : la remise en valeur du site de l’hôtel de ville – par l’aménagement de son jardin – et des abords de l’institution muséale voisine. Le tout sous la houlette de l’architecte paysagiste Samuel Craquelin. Mineral Service était mandatée pour effectuer divers travaux de pavage et de dallage, et pour réaliser les allées en béton désactivé reliant les deux espaces publics. Situé à proximité immédiate de la Seine, le chantier présentait des exigences strictes en termes de retraitement et d’aspiration des eaux souillées. « La maîtrise d’œuvre et d’ouvrage nous a évidemment demandé de ne pas faire de rejets polluants dans la Seine », explique Samuel Béard, qui a conduit le projet pour Mineral Service.

Or, depuis plusieurs années déjà, l’entreprise cherche le moyen de minimiser les rejets générés lors de la mise en œuvre des bétons désactivés : une eau chargée de laitance de ciment active et de désactivants, donc de produits chimiques… Cela a donné lieu à des recherches et à des développements menés en collaboration avec des fabricants d’adjuvants et d’autres additifs : « Dans un premier temps, nous avons créé, avec Chryso, un produit appelé EDB, qui permet de faire du béton désactivé propre. L’inconvénient, c’est que son utilisation est dépendante des conditions météorologiques et impossible en cas de pluie ! » Dans un second temps, la réflexion s’est portée sur l’opportunité de recourir à une machine capable de traiter sur place les rejets polluants – sauf que cette dernière restait à inventer !

Mineral Service a poursuivi ses recherches et essais de différents produits et matériels, parmi lesquels une gamme de désactivants développée par Grace Pieri : les VBA Bio 2, deuxième génération de désactivants biodégradables. Mues par la même volonté de développer un outil qui soit « complet », les deux entreprises ont conjugué leurs efforts, avec l’appui du concepteur de machines Hydris, et sont parvenues, voici quelques mois, à mettre au point l’outil mécanique souhaité, Mineral Service assurant les phases d’essai. Cet outil, dont un exemplaire a été acquis par l’entreprise d’aménagement extérieur, a été utilisé sur le chantier de Caudebec-en-Caux, dont la dernière phase est programmée en septembre prochain.

À l’arrivée, quelque deux kilomètres de promenade (de 2,80 m de large) auront été traités grâce à la « Rainette » – surnom provisoire donné par les équipes à la machine –, dont le potentiel dépasse largement le cadre du béton désactivé… « Quelle que soit la surface du sol traité – pavés, béton drainant, désactivé, ou autre que le béton décoratif –, le concept reste le même : il s’agit d’un nettoyage à haute pression suivi d’une aspiration permettant de récupérer les eaux souillées, précise Samuel Béard. Notre volonté est d’aller jusqu’au bout de ce concept, c’est-à-dire de travailler en circuit fermé. » Dans l’idéal, il s’agirait de disposer d’une cuve d’un mètre cube d’eau, qui servirait aux opérations de nettoyage, avant d’être aspirée et retraitée en circuit fermé. « La pose d’un béton désactivé, par exemple, nécessite aujourd’hui entre 15 et 20 litres d’eau par mètre carré, rappelle le chef de l’agence Haute-Normandie de Mineral Service. Nous avons bon espoir – études et essais à l’appui – de descendre en dessous de cinq litres d’eau au mètre carré. Ce qui n’est évidemment pas négligeable, tant en regard du fait que l’eau potable est une denrée qui se raréfie à l’échelle de la planète qu’en termes d’économie pour les collectivités. »

 

Une machine aux multiples atouts

En décembre et en janvier derniers, c’est sur un tout autre type de chantier que la « Rainette » a pu fait la preuve de son efficacité. Dans le cadre du programme engagé par la métropole d’Amiens pour mettre en place un circuit au sein de son cœur historique (destiné à ses administrés comme aux touristes) complètement praticable pour les personnes à mobilité réduite, Mineral Service a été mandatée pour procéder à la rectification de vieux pavés de rue, en grès et en gros format, sur une surface totale d’environ 1 900 m2. La municipalité souhaitant limiter au maximum la gêne de la circulation, piétonne et automobile, durant les travaux, il a été décidé de travailler sur place – sans avoir à déposer, ni à déplacer pour les scier et les traiter, puis à reposer les éléments – et de procéder à une opération de ponçage à même les pavés. « Nous avons adapté une machine et des outils diamantés spécifiquement pour l’occasion », se rappelle Samuel Béard.

Cependant, la zone concernée a la particularité d’être proche de la Somme et des hortillonnages, ce quartier d’Amiens traversé de petits canaux, qui était autrefois dédié à la culture maraîchère. Or, une opération de ponçage implique des résidus et des poussières, inévitablement mélangés à l’eau nécessaire au nettoyage. « Il nous fallait éviter que ces eaux boueuses ne se retrouvent dans le fleuve, poursuit le chef de l’agence Haute-Normandie. Nous avons donc obturé les réseaux d’évacuation d’eaux pluviales afin d’empêcher tout écoulement accidentel, avant de passer à l’action avec notre machine pour aspirer les boues, les recycler, et rejeter de l’eau propre. » Le tout en temps réel et selon un principe, rappelons-le, des plus simples : « Il s’agit d’un nettoyeur à haute pression qui est monté sur une cloche aspirante. » Les eaux récupérées, qui sont très chargées et boueuses, sont dirigées vers un très gros filtre et transformées, par coupures et par décantations successives, en rejets d’eau claire. Une fois rempli à moitié, le filtre – qui peut visuellement évoquer un volumineux sac de chantier – est levé à la grue pour être vidé de ses sédiments, granulats, poussières et autres polluants, qui rejoindront une benne à gravats.

Placée sur une remorque, la « Rainette » peut être facilement amenée sur site. Une fois descendu, le dispositif permet d’œuvrer en autonomie dans un rayon de 40 mètres autour de la remorque. Le chantier, par définition mobile, est alors presque sans gêne pour les usagers. « À Amiens, nous nous déplacions au fur et à mesure, en travaillant par zone de 150 m2. Nous n’avions que deux camions : l’un pour déménager la machine ; l’autre dédié à la rectification. » L’ensemble a nécessité une organisation spécifique mais peu contraignante : « Au contraire, chaque fois que nous partions le soir, nous libérions la rue, de telle sorte que le passant ait l’impression qu’il ne s’était rien passé dans la journée ! »