À Troarn, un skatepark dans la hotte du Père Noël

À Troarn, un skatepark dans la hotte du Père Noël

 

 

 

 

 

Dieppe, Saint-Brieuc, Cherbourg, Bayeux ou encore Reims… Depuis 2013, Mineral Service a réalisé une vingtaine de skateparks dans la moitié nord de l’Hexagone. Dernier-né de ces équipements, qui rencontrent un succès toujours plus grandissant auprès des municipalités, celui de Troarn, dans le Calvados, a été livré mi-décembre 2016.

 

C’était un beau cadeau de Noël qui attendait les habitants de Troarn au pied du sapin ! Au sens littéral du terme puisque le skatepark flambant neuf de la petite ville – qui forme depuis peu, avec Sannerville, la commune nouvelle de Saline – s’étend, en retrait du terrain de football municipal, à l’ombre d’un majestueux conifère. Accessible à tous, débutants comme confirmés, le nouvel équipement sportif a été conçu en étroite collaboration avec ses futurs utilisateurs. « Comprendre ce qu’ils veulent et quelle est leur psychologie fait partie des données indispensables à la dimension qualitative de l’ouvrage, explique Julien Bouvier, responsable du bureau d’études caennais Sports des Villes et maître d’œuvre du projet. Un skatepark se raisonne en termes de dynamique : il faut y gérer les déplacements, la vitesse, l’élan, les zones de réception, de décollage, etc. » Autant d’éléments qui varient, d’un territoire à l’autre, en fonction des habitudes et des pratiques. « Celles du skate et du BMX ne sont évidemment pas du tout pareilles – la seconde nécessite, par exemple, de plus gros volumes – ; or, il faut pouvoir faire un skatepark pour tout le monde et toutes les disciplines. D’où la nécessité de procéder à des arbitrages, ce qu’ont justement permis les réunions de concertation avec le conseil municipal des jeunes de Troarn et un groupe de pratiquants : il a été défini que le skatepark devait être essentiellement orienté vers le skateboard et la trottinette. Avec un peu de courbes pour voler et pour permettre éventuellement à des BMX de s’amuser aussi. »

Orienté « street », le skatepark se compose d’une plate-forme d’environ 440 m2 parsemée de divers éléments évoquant du mobilier urbain, le tout en béton lissé. Les travaux se sont échelonnés entre la mi-octobre et le 9 décembre 2016, date de l’enlèvement des barrières. Après avoir sous-traité la phase de préparation – terrassement, apport de terre, mises en formes – à Collet TP, entreprise de travaux publics basée à Authie, près de Caen, Mineral Service a travaillé à la réalisation du sol et du mobilier en béton durant six semaines. Un béton particulier, puisque beaucoup plus riche en ciment aggloméré avec de la silice et donc plus résistant, en surface, notamment aux impacts et à l’abrasion. « Il s’agit d’un béton technique, qui doit être pompable par des machines, précise Florian Helie, responsable de l’agence Mineral Service de Caen. On vient le travailler bloc par bloc, élément par élément – quarters, murets, barres de glisse, curbs, manual pads, bancs, etc. –, à un rythme journalier. » Pour chaque module, l’organisation quotidienne suit invariablement le même déroulement : la réception d’une toupie en début de matinée, la mise en place approximative du béton en fonction des coffrages, puis, toute la journée, la mise en forme et le lissage à la main du matériau. « Tout cela nécessite une extrême exigence, reprend Florian Helie. Il faut travailler le béton dans son temps de prise, c’est-à-dire quatre à cinq heures pendant lesquelles on va d’abord le modeler, puis le lisser et le relisser pour effacer toutes les irrégularités et les petits défauts, tels que l’affleurement de cailloux, les stries et autres ondulations de la surface. Il faut imaginer avoir un aspect de verre au sol et sur toutes les élévations, pour avoir la meilleure glisse possible. » Une quinzaine d’éléments ont ainsi été réalisés avant de procéder au coulage du dallage du skatepark. Sur la partie horizontale, pour laquelle a été utilisée une formule de béton plus fluide, afin de faciliter l’obtention d’une surface plane, les dernières opérations de lissage ont pu être effectuées à l’hélicoptère.

Si, après quatre ans d’expérience, d’échanges et de retours, l’équipe de Mineral Service fait preuve d’une maîtrise toujours accrue dans la conduite de ce type de chantier, reste que chaque projet est particulier. « L’avantage des skateparks en béton, c’est justement l’opportunité de faire des pièces uniques, relève Julien Bouvier. C’est notre valeur ajoutée en tant que concepteurs. Il faut résolument s’inscrire dans cette approche, assortie d’une réflexion cohérente et qualitative, sinon on retombe dans les travers des parcs uniformes et insipides, qui sont du pain bénit pour les industriels, mais pas pour les pratiquants. » À Troarn, le projet a par ailleurs été pensé de manière à ce que le skatepark puisse éventuellement être agrandi dans le futur. « Ce n’est pas parce qu’on fait du béton que c’est figé, au contraire », souligne encore le maître d’œuvre. En attendant un possible développement en ce sens – « Cela dépend du succès, du nombre de pratiquants, des budgets mis à disposition, etc. » –, Mineral Service et Sports des Villes devraient prochainement être amenés à coopérer de nouveau, dans le cadre d’un micro skatepark à imaginer pour la Ville du Havre, ainsi que pour la conception et réalisation d’un équipement à Maurepas, dans les Yvelines. Des aventures à suivre, donc.

 

Contact> www.sportsdesvilles.com